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9 mensonges sur l’école à la maison

Non, l’école à la maison n’est pas interdite ! L’école à la maison, ou instruction en famille, se développe de plus en plus chaque année. A partir de la rentrée 2022, elle sera soumise à autorisation, mais pour l’instant tout le monde a encore accès à cette liberté ! Peut-être est-ce une idée qui t’a traversé l’esprit, mais tu as entendu çà et là des arguments qui t’ont refroidi ?Beaucoup d’affirmations circulent concernant l’école à la maison, sur internet, dans les médias, sur des sites officiels… les plus répandues étant malheureusement souvent les plus injustifiées. Tordons le cou tout de suite à ces idées reçues ! 

1 – L’école est désormais obligatoire dès 3 ans !

Le mensonge que l’on rencontre le plus, de personnes qui ne sont pas du tout informées sur la question, c’est que l’école est obligatoire dès trois ans. Et pour cause, cette affirmation erronée est souvent diffusée (volontairement ?) par les médias. On entend parler de « scolarité obligatoire », alors que c’est l’instruction qui l’est. Les parents ont donc le choix d’instruire eux-mêmes leurs enfants, ou de laisser cette responsabilité à une tierce personne (cette loi est décrite dans l’article L131-2 du code de l’éducation). La seule information à retenir ici est qu’en effet l’instruction devient obligatoire à partir de trois ans dès la rentrée 2019, contre six ans auparavant.   

2 – Pour faire l’école à la maison, il faut obligatoirement passer par le CNED

Le CNED, c’est le Centre National d’Enseignement à Distance. C’est, pour faire simple, la branche « par correspondance » de l’Education nationale (bien qu’il permette également de se former sur des secteurs spécifiques tout au long de la vie). 

Lorsque tu fais le choix d’instruire ton enfant « en famille », plusieurs solutions s’offrent à toi :

  • inscrire ton enfant au CNED selon un cadre réglementé : les cours doivent être suivis avec régularité, des devoirs sont à renvoyer, ton enfant est considéré comme « scolarisé à domicile ». Cette option peut être gratuite, sur demande avec généralement des pièces justificatives à fournir (typer certificat médical)
  • inscrire ton enfant au CNED hors du cadre réglementé : cela permet de recevoir les mêmes supports éducatifs, mais d’en disposer à sa guise sans avoir de comptes à rendre. Dans ce cas ton enfant n’est pas considéré comme « scolarisé à domicile » et les cours sont payants ; 
  • inscrire ton enfant dans tout autre cours privé. Il en existe beaucoup ! ;
  • n’inscrire ton enfant dans aucun cours et l’instruire librement en utilisant divers supports ;
  • procéder de manière informelle : ton enfant apprend de lui-même au cours d’activités de la vie quotidienne.

3 – L’école à la maison n’est possible que pour les enfants dans des situations particulières

l'école à la maison : est-elle accessible à tout le monde ?
L’école à la maison est-elle réservée à une élite ?

Nombreuses sont les personnes qui pensent que seuls les familles nomades, les enfants handicapés, ou encore les surdoués peuvent opter pour l’instruction en famille. C’est faux ! Ce mode d’apprentissage peut être choisi par n’importe qui, que ce soit pour des raisons médicales, pratiques, ou encore philosophiques. Alors oui, tu as le droit de faire l’école à la maison à ton enfant s’il est diabétique, si vous faites le tour du monde, s’il s’ennuie en classe, mais aussi tout simplement si tu n’es pas en accord avec le système d’éducation classique. 

4 – On ne peut pas quitter l’école en cours d’année

Si la décision de faire l’école à la maison intervient suite à une période de scolarisation classique, sache que rien ne t’oblige à attendre la prochaine rentrée pour changer de mode d’instruction. Tu es en droit de « déscolariser » ton enfant à tout moment de l’année, du moment que tu effectues les déclarations nécessaires.   

5 – Tout le monde ne peut pas faire l’école à la maison

Tu n’as besoin de présenter aucun diplôme ni niveau d’études pour avoir le droit d’instruire toi-même tes enfants. Pas besoin donc de posséder un bac +5, encore moins d’être enseignant de métier. 

Beaucoup de parents qui choisissent ce mode d’instruction le font suite à un questionnement sur l’efficacité du système scolaire et l’adéquation de celui-ci avec le rythme et la personnalité de l’enfant. Par conséquent, ils sont pour la plupart très consciencieux et s’impliquent considérablement dans cette mission. 

Si tu crains de ne pas être à la hauteur, les cours par correspondance seront probablement une solution intéressante. En plus des supports pédagogiques, tu pourras contacter des professionnels de l’enseignement qui seront là pour te conseiller. Dans tous les cas, plus ton enfant grandira, plus il gagnera en autonomie et sera capable d’apprendre seul. 

6 – Il faut obtenir une autorisation préalable pour faire l’école à la maison

Tu n’as pas à demander d’autorisation pour exercer ton droit. Que tu décides d’instruire ton enfant à la maison depuis le départ, à la prochaine rentrée, ou en cours d’année, personne ne peut t’en empêcher. La seule obligation, c’est d’en informer les autorités compétentes : la mairie du lieu de résidence, et la direction académique.

Cette formalité est à effectuer par courrier, en recommandé avec accusé de réception. Tu devras réitérer cette déclaration tous les ans. Mais en aucun cas il ne peut t’être retourné un courrier signifiant le refus de l’administration. Si c’est le cas, c’est illégal.

{Edit : la nouvelle loi “pour le renforcement de la République” modifie cette liberté à partir de septembre 2022. Pour l’année scolaire 2022 – 2023, il faudra demander une autorisation pour déscolariser tes enfants, qui pourra âtre refusée. Au moment où j’écris ces lignes, on ne connaît pas encore les critères pour demander cette autorisation.}

7 – Les enfants instruits à domicile ont beaucoup de mal à réintégrer le système classique

idées reçues sur l'école à la maison

Les parents qui optent pour l’école à la maison sont, dans une grande majorité, particulièrement à l’écoute des besoins de leurs enfants. La plupart du temps, une scolarisation ou rescolarisation fait suite à une demande de l’enfant. Celui-ci est donc d’autant plus motivé que le choix provient de lui et qu’il sait qu’il y a une autre solution possible. La reprise d’une scolarité « traditionnelle » est possible à tout moment.

Par ailleurs, l’enfant qui a pris l’habitude de travailler seul a développé une autonomie de travail que ses camarades n’auront pas forcément. En tout cas, rien n’oblige à réintégrer le système scolaire à un certain stade ! A partir de seize ans, l’instruction n’est plus obligatoire. Si ton enfant souhaite obtenir un diplôme spécifique, il faut savoir qu’il peut postuler à de nombreux examens en candidat libre.

8 – L’école à la maison, c’est pour les riches

Pour instruire ses enfants, il ne faut pas nécessairement dépenser énormément d’argent ! Certes, renoncer à l’école, c’est aussi renoncer à un mode de garde bien pratique et gratuit qui correspond souvent aux horaires de travail des parents. Alors il faut bien trouver une solution alternative ! Ce choix d’instruction exige bien souvent de repenser totalement l’organisation familiale. Mais il va très souvent de pair avec une remise en question générale du mode de vie. On repense sa vision du travail, de l’argent, du temps, de la famille, et on s’ouvre à d’autres possibilités. On fait des concessions, on change certaines choses. Certaines familles passent de deux à un seul salaire, non sans difficultés. D’autres changent de métiers. Mais dire que l’école à la maison est réservée aux familles aisées n’est pas juste. 

Et pour rappeler un des points précédents, rien ne t’oblige à investir dans un cours à distance. Un abonnement à la bibliothèque ne requiert pas une somme astronomique, et tu trouveras beaucoup de sorties intéressantes pour pas cher, voire gratuites. Enfin, on ne compte plus les blogs de parents qui instruisent en famille (comme celui-ci !) susceptibles de vous donner un tas d’idées, de programmes et de supports. On peut bricoler plein d’outils sympas pour aider les enfants dans leurs apprentissages !

+++ Pour t’aider à accompagner ton enfant, j’ai tout un catalogue de formations qui pourrait bien t’intéresser… Tu peux y jeter un oeil par ici !

9 – Les enfants qui font l’école à la maison sont moins sociables

Pour finir, dernière idée reçue, et pas des moindres : celle selon laquelle les enfants instruits à la maison seraient moins sociables que ceux qui fréquentent un établissement scolaire. Tu seras probablement confronté à cette réflexion de la part de tes proches, tes amis, ta famille, tes voisins, bref, tout le monde. 

La sociabilisation est tout simplement différente. Au lieu de côtoyer chaque jour, par obligation, un groupe d’élèves du même âge que lui, ton enfant va rencontrer des personnes de toutes sortes, de toutes générations, dans des lieux et des contextes spécifiques ayant un sens dans la vie réelle. 

école à la maison : nos enfants sont-ils isolés et asociables ?
La sociabilisation ne se fait pas qu’à l’école, loin de là…

Il est souvent démontré que les enfants qui sont instruits en famille sont au contraire très sociables. Ils vont généralement facilement vers les autres, n’ont pas de réticence à se faire des copains plus jeunes ou plus âgés, sous prétexte qu’ « ils ne sont pas dans la même classe ». Les enfants choisissent réellement leurs relations : ce sont donc souvent des relations de meilleure qualité. 

Par ailleurs, la « sociabilisation » dans les cours d’écoles est-elle vraiment celle que tu souhaites pour ton enfant ? A l’ère du harcèlement à l’école, des jeux de récréations de plus en plus dangereux, des moqueries et des insultes qui surviennent dès le plus jeune âge, y a-t-il réellement quelque chose à regretter ?

Ton enfant aura davantage de temps à accorder à des activités « extra-scolaires » sportives, musicales ou autres permettant de faire des connaissances autour d’une passion commune. Sans compter que les familles en instruction à domicile organisent souvent des rencontres pour échanger et créer des liens. 

L’école à la maison, ça te tente ?

Alors, rassuré ? Il y a encore d’autres idées reçues sur l’école à la maison, d’autres mensonges qui circulent, portés par des personnes peu informées, ou prêtes à tout pour défendre le système scolaire classique coûte que coûte. Or, opter pour l’instruction en famille est un droit, et cela ne signifie pas forcément rejeter en bloc l’école et tout ce qui va avec ! C’est choisir de faire différemment, c’est savoir qu’une autre voie est possible, s’impliquer davantage, pour l’épanouissement de ses enfants ! 

les mensonges sur l'école à la maison : comment s'y retrouver ?
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Cet article a 9 commentaires

  1. Cher

    Cet article est très agréable à lire et riche en informations ! Merci

  2. Alexandra

    Merci pour ces lumières : on apprend , on nous rassure , à très vite , Alex

  3. Kristy.WK

    Ma fille a fait sa rentrée au CNED cette année. Ayant des TOCS, dont les spécialistes nous ont informé qu’ils passeraient tout seul avec le temps, ayant été agressée physiquement et verbalement, intimidée, on ne pouvait plus supporter l’établissement scolaire classique. La Direction a fait le nécessaire, a pris des mesures afin que ces exactions cessent. Cela n’a pas suffit, malheureusement. On a pensé au bien être de notre fille. Elle a changé 3 fois d’école, en maternelle à partir de la 2 ème section et la seconde fois parce que l’on a décidé de changer de lieu de résidence. On a privilégié notre lieu de résidence en fonction du choix de la meilleur école de notre région. Le Covid 19 nous a permis de voir et de conforter l’inscription scolaire par correspondance. Les cours réglementés ont été refusés par le DASEN, parce qu’il aurait fallu pour que l’inscription de notre fille soit acceptée, que notre fille rencontre encore des spécialistes, elle n’en peut plus et ne veut plus ! Née avant terme, elle a été étroitement surveillée, de par ses TOCS, elle a été suivie par un pédo-psychiatre, une psychomotricienne etc. Avant notre déménagement, on a rencontré le médecin scolaire qui a vu son dossier médical et a pu se rendre compte du suivi. Notre fille apprend très bien, c’est une enfant à haut potentiel. C’est une enfant avenante, polie, non agressive, qui a été reconnue et appréciée par les établissements scolaires, a fait l’admiration de ses enseignants (es). Elle a eu un excellent comportement aussi bien en classe que dans l’enceinte des établissements. C’est une enfant qui travaillait très très bien et qui travaille toujours aussi bien. Elle aime étudier, apprendre. Elle a toujours eu d’excellentes appréciations et d’excellentes notes.
    Elle est bilingue français / anglais : lu, parlé, écrit. En autodidacte apprend le japonais, une langue qu’elle affectionne. Notre fille est inscrite au conservatoire de par son choix pour se détendre, elle souhaite apprendre le violon alto et le chant. Elle est inscrite également en cours privé de dessin, qui est sa passion. Nous n’avons toujours pas eu de réponse favorable à la suite de son inscription au conservatoire par rapport au Covid 19. Du moins, c’est ce que nous pensons. Elle exerce la natation durant les périodes estivales avec nous, le ski l’hiver durant un week-end voir 5 jours maxi. On visite des musées, fait du vélo, se rend à la bibliothèque, rencontre des enfants d’âges différents. On sort beaucoup, vadrouillant dans la nature, visitant nos villes, nos monuments historiques etc. A la maison on fait des pâtisseries, lit, navigue sur le net, réalise des créations : poteries, dessin, peinture, tricot, crochet, couture, jeux de société… Selon ses envies, notre fille occupe les activités cités, selon son humeur du moment. Les jours sont ainsi variés, ne se ressemblent pas en fonction du temps extérieur.
    Notre fille se sent bien mieux, elle fait de moins en moins de gestuels, à beaucoup moins de TOCS depuis qu’elle étudie chez nous, chez elle, à la maison. Elle a appris l’autonomie, l’organisation.
    Pour se rendre au collège, il faut prendre le car et l’attendre à 7 h 20 tous les matins. Elle n’aime pas manger à la cantine, au réfectoire, trop de bruit, du brouhaha et a besoin de silence, de calme. Elle est gênée de manger en étant attablée avec des personnes qu’elle ne connait pas ou à peine. Elle a eu des copines, qui se sont dit des amies, mais a été déçue. Sa BFF (Best Friend Forever) ne communique plus avec elle. Notre fille lui a laissé des messages, mais depuis que sa BFF est passée en 6 ème dans un collège privé, notre fille n’a plus de nouvelles. Elle a subit la jalousie de la part de certains parents et aussi d’enfants. Soit les enfants jouaient avec elle pour sa gentillesse, sa grandeur d’esprit, en classe demandait son aide, soit elle était rejetée, mis à l’écart. Elle rencontre des Cnédiens (nes) de tous âges. Notre fille avait pratiqué le shotokan qui lui a permis de se détendre, de calmer ses gestuels ; pour apprendre a se défendre également, qu’elle n’a jamais utilisé. Cela ne lui plait plus. En tant que parents, nous ne souhaitons pas et ne la mettrons pas au collège publique ou privé. Nous payons le CNED faisant parti de l’Education Nationale. Notre fille a les mêmes cours que ceux du collège, elle suit la 6 ème libre complète, cela permet à l’état de gagner de l’argent de par notre attribution, puisque nous payons pour ses études. Il en va du bien être de notre fille et de son émancipation, afin qu’elle évolue, qu’elle grandisse dans de bonnes conditions. Elle a le temps de remettre les pieds dans un établissement, elle pourra décider y rentrer au lycée ou à l’université, la faculté. En étant indépendante, elle pourra aussi bien professionnellement occuper une fonction individuelle ou collective. Elle n’a pas besoin d’apprendre la socialisation, chez notre fille c’est inné. Toujours est-il que nous l’accompagnons afin qu’elle puisse aller de l’avant, qu’elle puisse s’en voler de ses propres ailes. Nous envisageons, que notre fille puisse suivre ses études hors de France, vu qu’elle est bilingue et qu’elle aime les pays.

    1. Laetitia

      Merci pour votre témoignage ! L’instruction en famille a de multiples facettes, et chacun peut trouver la façon de faire qui lui correspond. Je suis ravie de savoir que vous avez trouvé une façon de faire qui convient parfaitement à votre fille.

  4. Jackie H

    Bonjour,
    Les informations que vous donnez dans cet article très intéressant sont-elles toujours valides en juillet 2021 ?
    Sur de nombreux sites, réseaux sociaux, etc. circulent des rumeurs disant que le CNED est inaccessible, qu’on ne peut plus y inscrire d’enfant sauf atteint de pathologie lourde.

    1. Laetitia

      Bonjour,
      En ce moment, la loi dite “de renforcement des valeurs de la République” est en cours de vote. Nous attendons la réponse du Conseil Constitutionnel pour savoir si l’article 21 sera validé comme constitutionnel ou non. Si cet article passe, alors le CNED comme l’instruction en famille seront soumis à autorisation selon des critères spécifiques, à partir de septembre 2022. Dans le cas contraire, l’instruction en famille restera une liberté soumise à déclaration, comme en ce moment.
      La réponse se fera le 13 août !

  5. Julie

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article que j’ai découvert à tout hasard… Je suis actuellement en plein dilemme pour ma fille dyslexique entrant en 4eme…
    J’en profite au passage, si des parents ayant vécu ce même dilemme passent par là, votre témoignage m’aiderait beaucoup.

    Encore merci, à la maman bloggeuse, de nous éclairer.

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