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L’IEF pour un Voyage en Famille – conseils d’une maman

Explorer le monde en toute tranquillité avec l’instruction en famille – récit d’une maman

Partir à l’étranger pour un voyage longue durée en famille. Dans tes rêves les plus fous, tu n’imaginais pas cela possible ? Avant même d’envisager une aventure similaire avec ta tribu, tu es assailli sous un flot de questions ? Moi, c’est Damia, jeune trentenaire en quête de sens et maman d’une préado de 11 ans. Je te propose de te faire découvrir les coulisses de notre projet familial. Et plus particulièrement t’expliquer pourquoi notre choix s’est porté sur l’IEF pour un voyage en famille.

1. Préparer l’IEF pour un voyage en famille

« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve » –

Philippe Chatel, Roman d’Emilie Jolie

Évoluer dans un univers qui ne correspond ni à nos valeurs ni à ce que nous voulions transmettre à notre enfant a été notre élément déclencheur pour passer à l’action.
Réaliser notre rêve de partir en voyage en famille pour une durée d’un an est devenu une évidence. 

Tiana, 8 ans, avait toujours étudié dans une école conventionnelle. Alors pourquoi l’IEF pour un voyage en famille s’est-elle imposée à nous comme la meilleure solution pour son éducation ? Car une liberté sans précédent s’offre à nous, finis les devoirs, les heures de présence assise sur une chaise, l’ennui, la compétition, la perte de concentration… 

Un cadre et une organisation, sans règles, mis à part de suivre un socle commun. Des possibilités infinies s’offrent à nous pour une longue aventure comme la nôtre, cette liberté est un atout de taille.

En France, l’instruction est obligatoire pour les enfants de 3 ans à 16 ans, l’école ne l’est pas pour autant (source : service-public.fr). En tant que parent, tu es libre de choisir pour ton petit la manière de l’instruire. 

L’administratif

Si préparer un périple en famille peut être excitant, les démarches administratives sont de loin la partie la moins sexy du processus. Pourtant, s’y atteler sérieusement est nécessaire pour partir sereinement. Par bonheur, les formalités ont été simples à mettre en place. Deux lettres manuscrites ont suffi :

  • Un courrier au maire de notre village pour le prévenir de notre décision d’instruire notre fille en famille.
  • Un autre courrier informatif adressé, lui, au Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale).

En réponse, une entrevue avec le CCAS de notre commune a été programmée, en présence de Tiana. Notre choix de l’IEF étant motivé par notre départ en voyage, les questions de nos interlocuteurs ont été très simples. Ce n’était finalement qu’une formalité.

🚨Bon à savoir : À partir de la rentrée 2022, pour partir en voyage plus de 3 mois à l’étranger, cette procédure n’est plus obligatoire ! Pense seulement à désinscrire ton enfant de son école pour obtenir un certificat de radiation, précieux sésame pour le retour.

La pédagogie

Se positionner sur cette question a été difficile, car nous manquions d’expériences.

Après quelques recherches et un entretien avec son institutrice, j’ai réduit le programme. Les mathématiques et le français ont été les seules matières du cursus traditionnel que j’ai maintenu pour notre expédition. 

Les apprentissages en voyage vont bien au-delà d’une simple discipline transmise à l’école élémentaire, et nous allions œuvrer dans ce sens. Expérimentations, mises en situation, pratiques, rencontres, choix, observations sont autant d’ingrédients pour une initiation à « l’école de la vie ».

🔎 Pour aller plus loin sur l’IEF, cet article devrait te plaire  : les meilleurs programmes pour nos enfants 

La logistique

Notre projet était de partir en itinérance en Amérique latine avec juste nos sacs sur le dos, en mode « backpacker ». Nous étions très limités en termes de place et de poids.

voyager en famille, l'école de la vie
crédit photo : Damia Briez

Malgré tout, après de multiples discussions avec notre entourage, nous avons fait le choix du « tout papier ». Je m’explique, à l’ère du tout numérique, suivre un programme scolaire sur écran en voyage est nettement le plus facile. Seulement, nous voulions lui éviter d’étudier les yeux rivés sur un ordinateur. L’achat des fournitures classiques (manuels, cahiers, stylos…) a été une sélection scrupuleuse en termes de poids. Nous avons préféré privilégier la qualité de son apprentissage à notre confort personnel.

2. Mettre à profit les temps d’apprentissage en voyage

Le rêve

Après avoir lu de nombreux témoignages de familles nomades, j’ai établi notre fréquence idéale pour enseigner :

  • 2 h par jour, 5 jours par semaine ;
  • 1 h de maths et 1 h de français, si possible le matin ;
  • 2 jours de repos pour les méninges des petits et des grands !

Nous sommes partis avec un manuel de leçons/exercices pour chaque matière. Pour le contenu des cours, mon idée était de tester sur place différentes méthodes et d’adapter mon discours et la transmission de mes connaissances au coup par coup. 

La réalité

Force est de constater rapidement que mon planning d’enseignement ne pouvait fonctionner. Impossible par exemple de mettre à profit les temps de transport pour étudier. Entre les virages, les secousses, les distractions et le bruit, la concentration de notre petite était loin d’être à son comble !

Notre souhait était de faire autant de tourisme que de volontariat durant notre périple. Partager un bout de vie avec les locaux nous semblait indispensable pour connaître vraiment la population de chaque pays. Lorsque nous changions de lieux et de fermes, une fois de plus, la classe était perturbée par de nouvelles contraintes de temps, d’espace, de fatigue. Cependant, Tiana étant au contact régulier avec d’autres enfants, elle a parlé espagnol très vite. Quelques semaines ont suffi pour qu’elle se fasse comprendre. Un sacré atout dans l’apprentissage des langues.

Apprendre au quotidien avec la terre
crédit photo : Damia Briez

Quasiment toute l’organisation réfléchit en amont, concernant l’IEF, a volé en éclat instantanément. Notre philosophie de vie et d’éducation a évolué, s’est adaptée, s’est équilibrée au cours de notre voyage malgré les obligations. Car nous savions qu’elle s’imprégnait au quotidien de nouvelles choses hors des sentiers battus de l’école.

3. Savoir adapter l’enseignement aux rythmes de la famille et du voyage

Effectivement, rien ne s’est passé comme prévu, ni pour l’école ni pour le reste… Pour nous, le plus important est d’être à l’écoute de soi-même et des autres, pour éviter les grosses galères. En mouvement perpétuel, nos repères sont mis à rude épreuve en permanence. Pourtant l’objectif est de trouver notre stabilité. Chacun des membres doit se sentir bien et en sécurité pour rester solidaire et vivre pleinement cette expérience.

La répartition des tâches quotidiennes est essentielle pour maintenir une harmonie au sein de la famille. Là, bien sûr, les rôles ne sont pas restés figés. J’ai commencé l’école pendant que mon compagnon lavait notre linge à la main. Eh oui ! des deux je ne sais pas lequel avait le plus dur labeur…

Ensuite, il a pris le relais avec l’enseignement, moi avec les lessives, car les conflits mère fille étaient trop nombreux durant les temps d’apprentissage. Et comme par enchantement, le calme est revenu dans notre tribu. Savoir lâcher prise est la clé d’un enseignement qui roule.

Enfin, nous avons trouvé notre équilibre parfait. J’ai enseigné les maths et mon conjoint, le français. Au bout de 4 mois de vadrouille, nous avions terminé le programme de l’année, la pression est retombée et nous avons pu faire différemment.

La richesse du voyage est telle que les découvertes se font partout. J’ai développé au cours des mois, une curiosité incroyable pour la faune, notamment les oiseaux. Tiana a vu mon intérêt grandir au fil des forêts que nous traversions et s’est exercée à l’observation elle aussi. Son regard sur la nature a évolué et je peux dire que maintenant, c’est une participante active dans la contemplation de celle-ci.

partager ses connaissances avec les autres
crédit photo : Damia Briez

📢Conseil : Fais-toi confiance, c’est la meilleure recommandation que je puisse te donner. Ne te mets pas trop de pression en amont, reste souple et expérimente par toi-même.

4. Organiser le retour 

La préparation du retour en France est une étape très importante pour tous les membres du foyer. Comment projeter son futur ? Quelle direction prendre après une telle expérience de vie ? Dans un cocon familial hors du temps et des convenances durant plusieurs mois, notre famille est plus soudée que jamais. Nos liens sont renforcés et nous sommes heureux par le simple fait d’être ensemble. Veux-tu reprendre ta vie là où tu l’as laissée en partant ? Ou tu en profites pour en changer ?

Malheureusement, la fameuse épidémie de COVID-19 a stoppé net notre expédition. Nous n’avons pas eu le temps d’organiser l’après-voyage. Rapatriés et confinés pendant plus d’un mois, jamais nous n’aurions pu prévoir un tel retour. Cette partie de notre expérience n’a pas été la plus évidente à vivre. Pourtant la vie a fini par reprendre son cours, nous avons recommencé à travailler tous les deux. Et par la force des choses, notre fille a regagné les chemins conventionnels. Tiana est un vrai caméléon, elle s’est adaptée à toutes les propositions que nous lui avons faites jusqu’ici. Elle nous l’a encore prouvé lors de son retour à l’école. Elle a appris à prendre le temps en voyage et l’institution de l’école ne le permet pas. Même si le rythme a été difficile le premier mois, elle n’avait aucune lacune ni difficulté à suivre le cursus normal. 

Si pour un temps nos désirs sont mis de côté, notre expérience de voyage et d’instruction en famille reste gravée dans nos cœurs. Nous repartirons bientôt sur les routes du monde pour une durée indéterminée. Riches de cette expérience, nous réfléchissons déjà à comment organiser la scolarité de Tiana qui est maintenant au collège. Moins de freestyle pour plus de qualité dans l’enseignement, c’est la direction que nous aimerions prendre.

Merci à Laetitia pour son site qui est une mine d’informations précieuse pour quiconque s’intéresse à l’écoute de son enfant dans ses apprentissages. 

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Damia Briez

Sites de référence pour l’autorisation à l’instruction en famille :

Service-public : « instruction obligatoire »

Service-public : « instruction en famille »

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