Résoudre les conflits à l’école ?

Notre société nous renvoie une image de l’école assez ambivalente : à la fois un lieu d’apprentissage incontournable dans lequel les enfants se feront des amis et apprendront tout ce qui est nécessaire pour avoir un bon métier, et à la fois un lieu qui a du mal à transmettre les notions fondamentales à un certain nombre d’enfants croissant, qui lutte contre le décrochage scolaire sans apporter de réelle solution, et où la violence entre enfants est de plus en plus forte. Comment peut-on limiter cette violence, l’accompagner que l’on soit parent ou enseignant ?

La violence quotidienne :

La violence subie par un enfant peut prendre différentes formes. Souvent, il s’agit de violence quotidienne : une punition collective injuste, des petites phrases blessantes sur son physique (“il joue pas avec nous, il est gros”) ou sur ses capacités intellectuelles (“ça va pas dans ta tête ? T’es bête ou quoi ?”)… A nous d’y être vigilants !

  • En tant que parents, ou en tant qu’enseignants, efforçons-nous de ne pas utiliser ces petits phrases dévalorisantes. Nous pouvons toujours trouver un point positif à une situation, et encourager l’enfant en difficulté ! Au lieu du “T’es bête ou quoi ?”, nous pouvons demander “Qu’est-ce que tu as compris ?” Et corriger sa compréhension, réexpliquer différemment…

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  • Quand nous entendons dans un groupe d’enfants des phrases dévalorisantes, ou voyons un enfant mis à l’écart, il faut intervenir ! Simplement fermer les yeux en se disant que les enfants ne sont pas tendres entre eux ne résoudra rien, et le sentiment de rejet vécu par l’enfant peut le marquer très longtemps !
  • Comment intervenir ? En interrompant les enfants dans leur jeu : “Excusez-moi, j’ai entendu et vu des choses qui ne me conviennent pas ! Pouvez-vous m’expliquer pourquoi untel ne joue pas ? … Ici, tout le monde a le droit de jouer. S’il n’est pas bon à la course, il peut faire l’arbitre ou tenir le chronomètre pour vous départager. Je peux vous aider à trouver une solution pour que chacun y trouve son compte.” Parfois, la solution sera difficile à trouver, mais en intervenant de la sorte les enfants sentent les limites de leur comportement : ce n’est pas parce que c’est un jeu que tout est permis, les règles de vie en société s’y appliquent toujours.

La bagarre :

Il y a aussi des moments où, sans qu’on n’ait rien vu venir, les enfants en viennent à se taper dessus. Souvent, ce sont des petits, qui ne parlent pas encore bien et expriment leur désaccord avec les mains… Mais c’est fréquent aussi jusqu’à 10-12 ans, voire après pour les garçons qui veulent montrer leur force quand les mots ne veulent plus rien dire.

  • Pour les petits, n’hésitez pas à expliquer et réexpliquer la règle “On ne tape pas.”, expliquez les conséquences (ça fait mal, tu vois, il pleure, il a mal.) Expliquez aussi une autre façon de faire : “Tu peux lui dire si tu veux quelque chose, ou s’il te gêne.” Si l’enfant recommence, vous pouvez le mettre un peu à l’écart en lui expliquant : “Je ne veux pas que tu tapes. Tu as le droit de jouer, mais si tu fais mal aux autres je préfère que tu restes ici, loin d’eux.” Attention cependant à ne pas focaliser votre attention sur un enfant en particulier, que l’on cataloguerait facilement comme “violent” ! Les petits grandissent très vite, et en quelques semaines peuvent développer la parole assez pour se faire comprendre et ne plus taper.

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  • Pour les plus grands : là aussi les bagarres arrivent lorsqu’ils n’arrivent pas à trouver les mots pour se faire entendre. Dans un premier temps, il faut déjà faire en sorte qu’ils se séparent. Ensuite, en fonction de l’énervement de chacun, on peut tenter une discussion immédiatement ou plus tard. Cette discussion est importante, pour permettre à chacun de s’expliquer, expliquer ce qui l’a poussé à agir ainsi. Elle s’organise ainsi :
    • 1) quelle est la situation de départ ? Chaque enfant parle librement, les autres l’écoutent sans l’interrompre et parlent à leur tour.
    • 2) que voulais-tu, quel était ton besoin ?
    • 3) que s’est-il passé ? On peut faire intervenir des témoins si besoin.
    • 4) une fois que tout le monde a pu s’exprimer : comment aurait-on pu éviter la bagarre ? Que peut-on trouver comme solutions ? Là encore, chacun s’exprime, car les solutions seront plus facilement mises en pratique si ce sont les enfants qui les ont trouvées plutôt que si c’est un adulte qui les impose.

De façon générale, en aidant en amont les enfants à bien communiquer entre eux, on peut éviter un certain nombre de bagarres. Elles sont souvent liées à une incompréhension : si les enfants se mettent bien d’accord sur les règles d’un jeu, personne ne pourra les contester en suite !

Le chantage :

Pas toujours considéré comme de la violence, le chantage peut tout de même y amener. Un enfant qui veut bien prêter un jouet en échange du goûter du copain, qui accepte d’inscrire un enfant dans la liste de sa bande contre un jouet ou quelques pièces… on arrive vite à une sélection discriminatoire (“tu n’as rien, tu n’es pas digne d’être mon copain”) et au racket.

  • Intervenir tout de suite lorsqu’on voit un enfant faire du chantage à un autre : ce n’est pas un échange valable. Dans un échange, tout le monde est à égalité, il n’y en a pas un qui décide et l’autre qui doit s’y plier. Expliquer la différence entre échange et chantage.
  • Jamais d’échange avec de l’argent : il est interdit de vendre quoi que ce soit au sein d’un établissement scolaire, les enfants n’ont pas à manipuler d’argent.

Quand la violence va au-delà …

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Il arrive aussi que la violence “à l’école” se passe en fait en dehors de l’école : sur le chemin du retour, ou le mercredi… Souvent organisée (ou improvisée) par des “bandes” qui, en groupe, se sentent toutes puissantes, elles s’attaquent aux enfants seuls ou plus faibles pour du racket, du vol, ou de la violence gratuite.

Là, les adultes doivent essayer de comprendre ce qui se passe, essayer de faire parler l’enfant victime, qui se tait par peur des représailles. Ne rien prendre à la légère : j’ai trop entendu d’enfants qui racontaient que les adultes ne les prenaient pas au sérieux… Et appeler la police, signaler toute violence, se faire aider par des personnes dont c’est le métier ! Nous ne sommes pas des super-parents ni des super-enseignants, chacun a ses limites. Mais en parler autour de soi pour trouver de l’aide facilitera le traitement de l’affaire. On peut aussi se faire aider psychologiquement, pour l’enfant bien sûr mais aussi pour les adultes qui peuvent se sentir choqués, agressés par cette situation. Il n’y a jamais de mal à se faire aider !

J’espère que cet article vous permettra d’être vigilants et réactifs ! Si vous connaissez ou avez connu d’autres formes de violence au sein de l’école, votre témoignage m’intéresse, et aussi comment il a été résolu… laissez-le moi en commentaire !

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