Développe et cultive ta patience avec tes enfants !

développer sa patience en tant que parent

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“Tu as tellement de patience avec tes enfants !”
Tu l’as peut-être entendu toi aussi, comme un compliment qu’on ne sait pas trop comment recevoir.

Moi, on me le dit souvent. Parce que je fais de la mosaïque, alors, forcément,  » C’est un jeu de patience ! » Aussi parce que je fais l’instruction en famille. Alors, « Moi, je n’ai=urais pas la patience… » Et puis, parce que je ne crie pas avec mes enfants.
Alors, à force, j’ai fini par y croire. Oui, j’étais patiente. Ou plutôt, je devais l’être. C’était rassurant, presque flatteur… mais ça sonnait bizarre. Parce qu’au fond, je ne me reconnaissais pas complètement dans cette image.

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Patience ou persévérance ?

Tu sais ce que j’ai réalisé ?
Ce que les gens appellent “patience”, chez moi, c’est autre chose.

Quand je crée mes mosaïques (un travail long, minutieux, parfois frustrant) je ne suis pas là à attendre que ça passe. Je cherche, j’explore, je recommence. Je bouge, je m’adapte.

Avec mes enfants, c’est pareil : je ne reste pas figée à respirer en attendant que l’orage passe. Je teste, je propose, j’écoute, je recommence. Je ne suis pas patiente : je suis en mouvement.

Et c’est peut-être ça, le cœur du sujet.
La patience, ce n’est pas une posture passive, ni une qualité qu’on aurait ou pas.
Ce n’est pas s’interdire de s’énerver, ni attendre en silence que ça se calme tout seul.

Ce que je vis, ce que je cultive, c’est plutôt de la persévérance, de la confiance, et un engagement dans la relation.

Pourquoi on s’énerve (et pourquoi ce n’est pas un échec)

Soyons honnêtes. Il y a des jours où tu cries, où tu réagis au quart de tour, où tu dis une phrase que tu regrettes trois secondes plus tard. Et tu te dis “Je manque de patience”. Tu culpabilises. Tu te promets de faire mieux.

Mais on peut aussi regarder les choses autrement :

  • Crier n’est pas forcément un manque de patience, c’est un signal. Tu vis un trop-plein, tu es sous tensions et ça a besoin de sortir.
  • Crier n’est pas non plus un échec : c’est une façon d’exprimer cette tension. Et tu peux en faire un point d’appui pour comprendre ce qui se passe en toi.

Tu n’as pas besoin de devenir un moine zen ou une figure de douceur permanente ! Pour développer ta patience, tu as surtout besoin de comprendre ce qui t’agite. Et de mettre en place des outils concrets pour revenir au lien avec ton enfant.

Alors… comment on fait pour arrêter de crier ?

1. Reconnaître les déclencheurs

Quand est-ce que tu réagis trop vite ? Fatigue ? Retard ? Multiples sollicitations ?
Identifie ces moments. Rien que ça, c’est déjà te donner du pouvoir.

2. Baisser la pression

Souvent, on crie parce qu’on pense qu’il faut que tout roule, tout de suite. Et si tu lâchais un peu ? Si tu acceptais que le puzzle ne se termine pas ce soir ? Que ton enfant met 15 minutes à mettre ses chaussettes ?
Pour développer ta patience, prévois déjà d’avoir du temps devant toi !

3. Changer le mot

Et si au lieu de “patience”, tu parlais de présence ? De flexibilité ? De confiance ?
Parfois, on pense qu’il faut “supporter” nos enfants. Alors qu’on peut choisir de les accompagner, pas à pas, sans leur imposer notre tempo.

4. Créer un sas pour toi

Un parent qui ne s’écoute jamais finit par exploser. Trouve ton espace-ressource : un moment pour revenir à toi, pour réguler tes émotions, même brièvement. Cinq minutes de silence. Une balade. Un moment avec un carnet, ou un bon podcast… C’est vital !

5. Apprendre à réparer

Tu as crié ? Tu t’es emportée ? Ce n’est pas irréversible. Tu peux dire :

“Je me suis fâché trop fort. Les émotions étaient toutes bousculées, et elles sont sorties comme ça. Je n’aime pas ça. Je vais essayer de faire autrement la prochaine fois.”
Ce petit geste de réparation vaut bien plus qu’une patience artificielle.

6. Expliquer tes besoins

Tu peux aussi expliquer ce qui est important pour toi à ton enfant. C’est la meilleure façon pour qu’il en prenne conscience et puisse mieux coopérer par la suite !

« J’ai besoin que les jeux soient rangés avant le dîner » « J’ai besoin qu’on parte de la maison quand la grande aiguille est tout en bas pour être sûre d’être bien à l’heure à l’école »… C’est tout à fait compréhensible pour les enfants, et ça t’évite de t’énerver par la suite !

La patience, ce n’est pas tout attendre. C’est croire que tout peut se transformer.

Ce qui me permet de rester calme, ce n’est pas une vertu innée ou un super pouvoir.
C’est la confiance.
Confiance en mes enfants, dans leur rythme, leur maturité en construction.
Confiance dans les cycles de la vie, ses passages, ses retours.
Confiance dans le fait que ce moment difficile ne durera pas toujours.

Et à partir de là, pas besoin de s’énerver.
On peut être là, dans le mouvement, dans la relation. Et ça, c’est bien plus vivant que la patience.

Mes conseils pour développer ta patience avec tes enfants

Foire aux questions : Patience, cris, réactions… que faire concrètement ?

❓ Je crie souvent, même quand je ne veux pas. Comment arrêter ?

Tu n’es pas seule. Crier est souvent un reflexe de débordement, pas une volonté.
Commence par identifier les moments déclencheurs (fatigue, bruit, répétitions, conflits…). Puis :

  • Respire profondément 3 fois avant de répondre.
  • Parle moins fort que d’habitude : ça casse le cercle.
  • Prévois une pause parentale régulière, même courte (musique, marche, silence).
  • Rappelle-toi : ce n’est pas ton calme qui éduque, c’est ta cohérence dans la relation.

Et si je crie… que dois-je faire après ?

Ce n’est pas trop tard. L’important, c’est la réparation :

“Je me suis emportée. Je n’aurais pas dû crier. J’étais fatiguée. Ce n’est pas de ta faute.”

Cela ne t’enlève pas ton autorité, au contraire : ça montre que tu es capable de te remettre en question. Et c’est une grande leçon pour ton enfant.

Patience ou laxisme ? Où mettre les limites ?

Être patient·e ne veut pas dire tout laisser passer. Au contraire.
Un enfant a besoin de repères clairs, mais posés avec fermeté calme, pas avec menace ou pression.

Tu peux dire :

“Je comprends que tu sois en colère. Mais je ne peux pas te laisser taper / hurler / jeter.”

La bienveillance ne s’oppose pas à la fermeté : elle la rend juste plus humaine.

Je n’ai aucune patience. Est-ce que je suis un mauvais parent ?

Non. Tu es un parent qui traverse des moments difficiles. Et tu fais de ton mieux.
La patience n’est pas innée, elle se cultive. Et elle peut aussi prendre d’autres formes : créativité, humour, mise à distance, écoute, régulation émotionnelle…

Tu peux aussi chercher du soutien : amis, lectures, coach parental, ou même thérapie si besoin.
Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte d’amour.

❓ Et si mon enfant me “pousse à bout” tous les jours ?

Pose-toi ces questions :

  • Est-ce qu’il dort assez ?
  • Est-ce que je dors assez ?
  • Est-ce qu’il vit beaucoup de frustrations en ce moment ?
  • Est-ce que j’attends plus que ce qu’il peut donner à son âge ?

Un enfant qui “teste” ou “provoque” a souvent un besoin non comblé (attention, mouvement, cadre, connexion…).
Plutôt que de chercher à “tenir bon”, cherche le message derrière le comportement.

Existe-t-il des outils concrets pour rester calme ?

Oui ! Voici quelques idées simples :

  • Le STOP intérieur : s’arrêter 3 secondes avant de parler.
  • L’ancrage corporel : sentir ses pieds, serrer un objet, respirer lentement.
  • Les phrases-refuge : “Je suis l’adulte, je montre le chemin.” ou “C’est son émotion, pas la mienne.”
  • L’autodérision douce : rire (intérieurement) de l’absurde d’une situation, ça aide parfois à décrocher.
  • Des rituels anti-tension dans la journée : étirements, pauses sans écrans, musique, contact avec la nature. Chez moi, ça marche bien !
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Laetitia Gauthier Plisson s'instruire autrement

Bienvenue !

Je suis Laetitia, maman de 4 enfants et amoureuse de liberté.

J’aide les parents attentionnés à réveiller et entretenir la curiosité de leurs enfants, et à apprendre avec eux efficacement et avec plaisir !

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On en discute ?

Cet article a 13 commentaires

  1. Sylvie

    Je trouve l’idée des petits rituels anti-tension super sympas et tellement simples à mettre en œuvre ! En plus ils proposent de la variété et la connexions quotidienne à différentes sensibilités!

    1. Laetitia

      Merci beaucoup !
      Parfois, il suffit de pas grand chose pour nous permettre d’évoluer vers ce qui nous tint à coeur… Ces petits rituels font partie des bons outils à avoir sous la main !

  2. Philippe

    Merci pour toutes ces ressources et cet éclairage précieux sur un sujet tellement important dans nos relations. J’aime beaucoup la phrase « Ce que je vis, ce que je cultive, c’est plutôt de la persévérance, de la confiance, et un engagement dans la relation. » J’ai l’impression aussi que cette patiente. c’est aussi une pation. La passion de la relation épanouissante, où chaque moment peut être une occasion de dire, de transmettre, d’éveiller et d’éduquer. De partager et de vivre…

    1. Laetitia

      Oui, la patience paraît inatteignable pour certaines personnes. Mais elle va avec de la bienveillance envers soi comme envers les autres, de l’acceptation que tout n’est pas parfait, une forme de lâcher prise… Et on peut y arriver tout en douceur, pas à pas !

  3. Line

    Une vraie pépite que tu partages là : on n’a pas à être « zen » en permanence pour être un bon parent car ce qu’on appelle « patience », c’est souvent autre chose: de l’écoute, de la souplesse, et surtout le choix de rester en lien avec son enfant, même quand c’est sacrément …. tendu.
    ça rejoint ce que je pense profondément quand j’accompagne des parents qui veulent guider leurs enfants dans les apprentissages en maths: pour moi aussi, la patience, ce n’est pas attendre que ça passe, c’est chercher comment avancer ensemble, à leur rythme. Ça change tout.
    Merci pour ce partage !

    1. Laetitia

      Tout à fait !
      Je suis d’ailleurs convaincue que « attendre que ça passe » s’approche plus de la résignation que de la patience. On attend, parce queon ne peut rien faire d’autre… et c’est dur !
      ëtre patient, c’est comprendre à un moment donné les enjeux, et choisir de prendre le temps nécessaire pour un bon moment ou un denouement heureux. Rien à voir !

  4. Stéphane

    Merci pour cet article. Je trouve l’idée de transformer la patience en mouvement, en action très intéressante! Car oui les enfants nous envoient des signaux et il faut apprendre à les détecter et y répondre. C’est aussi ça notre rôle de parent.

    1. Laetitia

      Oui, on vit toujours mieux dans le mouvement ! Rester patient sans bouger, et juste attendre, n’est pas forcément juste par rapport à ce qu’on ressent. Je cherche toujours à être le plus authentique possible avec mes enfants !

  5. Rémi

    Ton article m’a beaucoup touchée. J’ai particulièrement aimé ce passage : « Ce que je vis, ce que je cultive, c’est plutôt de la persévérance, de la confiance, et un engagement dans la relation. » Tu montres que la patience n’est pas une qualité figée, mais une dynamique vivante, nourrie de présence et d’adaptation. C’est une vision apaisante et pleine de sens. Merci pour ce partage sincère et éclairant 🙂

    1. Laetitia

      Avec grand plaisir Rémi ! Merci pour ton retour.
      L’adaptation est indispensable pour accompagner nos enfants, dans tous les domaines. La vie demande toujours de l’adaptabilité !

  6. Sophie MORTH

    La question du temps pour soi est particulièrement cruciale et particulièrement compliquée parfois. Quand tu es tiraillé sur tes rôles-modèles où tu dois pouvoir travailler à plein temps et être maman à 100%, ton temps pour toi n’existe pas et c’est là que tu deviens nerveuse… Merci pour cet article très inspirant.

    1. Laetitia

      Oui, c’est vrai ! Pour être patient et bienveillant envers les autres, il faut pouvoir l’être envers soi-même. Et même si ce temps est compté, se donner les moyens de se ressourcer ne serait-ce que quelques minutes dans la journée, s’émerveiller devant un coucher de soleil, sentir le vent sur sa peau, respirer profondément… Prendre du temps pour soi ne demande pas forcément beaucoup de temps, mais il est important de le prendre !

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