Tu l’as sûrement entendu quelque part. Ce mot qui claque comme une tempête annoncée : le “Terrible Two”. Littéralement : les “deux ans terribles”. Une expression qu’on prononce souvent avec un soupir. Parce que oui, à cet âge-là, nos enfants peuvent nous pousser à bout. Ils pleurent, ils crient, ils font des crises de colère, parfois sans qu’on comprenne pourquoi.
Mais derrière ces tempêtes émotionnelles, il y a bien plus qu’une simple opposition aux règles de la maison.
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C’est quoi exactement, le “Terrible Two” ?
Le “Terrible Two”, c’est cette période, autour de deux ans, où ton enfant découvre qu’il est une personne à part entière. Il affirme ses choix, ses goûts, ses refus. Il dit non, il s’oppose, il fait une crise parce qu’il ne peut pas mettre ses bottes à l’envers ou parce qu’un jouet ne rentre pas dans la boîte.
C’est la phase d’opposition. Une étape essentielle dans le développement de l’enfant, mais aussi une période où il traverse de fortes émotions qu’il ne sait pas encore gérer.
Pourquoi la crise des deux ans est aussi intense ?
Un jeune enfant de deux ans vit tout à 100 %. Une contrariété peut se transformer en crise de rage ou en violente colère. Il pleure, hurle, parfois mord ou frappe. Ce n’est pas de la provocation, ni de la mauvaise éducation. C’est un cerveau en construction, un cœur débordé, et un besoin immense de câlins et de réconfort.
À cet âge, l’enfant n’a pas encore la capacité de gérer ses émotions. Il ne comprend pas toujours ce qu’il ressent, et encore moins comment exprimer sa frustration autrement qu’en criant.
Ce que font souvent les parents et qui aggrave les choses
Quand ton fils ou ta fille pique une crise, c’est dur de rester calme. On est fatigué, parfois stressé. Et on finit par crier dessus, menacer, punir. Certains parents en viennent même à donner une fessée, à bout de nerfs.
Mais ces réactions, aussi humaines soient-elles, n’aident pas vraiment l’enfant colérique à avancer. Elles renforcent la peur, la honte, la culpabilité… et souvent, les crises recommencent. Parce que pour les ‘terrible two », crier leur colère n’est pas un caprice, c’est une manière de décharger une tension qu’ils ne savent pas encore canaliser.
Ce qu’on peut faire autrement : des pistes bienveillantes
Plutôt que de faire face aux crises avec la peur ou l’autorité brute, on peut essayer une approche bienveillante, inspirée de l’éducation positive. Des professionnels de la petite enfance comme Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen en parlent depuis des années : les enfants ont besoin de contours clairs, mais aussi d’empathie.
1. Nommer et accueillir les émotions
“Tu es en colère parce que je t’ai dit non. C’est difficile, hein ? Je comprends.”
L’approche empathique permet à l’enfant de comprendre ce qui se passe en lui, petit à petit.
Attention, on associe souvent les cris avec la colère : ça peut être aussi l’expression d’une frustration, d’une déception… Même si ton enfant est petit, lui apporter ce vocabulaire ne peut pas faire de mal !
2. Proposer un cadre rassurant
L’enfant a besoin de limites, mais sans brutalité. Au lieu de dire “Tu arrêtes maintenant !”, on peut lui expliquer calmement ce qu’on attend, tout en posant un cadre :
“Je ne peux pas te laisser taper. Tu peux frapper dans ce coussin si tu veux évacuer ta colère.”
Et l’air de rien, c’est une bonne façon d’introduire la notion de règles de la maison et de respect de chacun.
3. Prévenir plutôt que punir
Anticiper les moments critiques, proposer des choix limités, éviter les situations qui surchargent son système… Tout cela aide à tolérer la frustration sans piquer une crise. Bien sûr, il n’est pas toujours facile d’aménager ton emploi du temps, mais tu peux trouver des façons de limiter les crises quand tu auras repéré leurs facteurs déclencheurs !
Et si la crise était une chance ?
On pourrait arrêter de voir le Terrible Two comme une période à “survivre”… Et plutôt la voir comme une chance de grandir ensemble !
Ton enfant a besoin d’un cadre clair, oui. Mais aussi d’un parent bienveillant qui l’aide à comprendre ses émotions, à les vivre sans se sentir rejeté. Même quand c’est difficile. Même quand tu perds patience.
Et c’est cet accompagnement, cette solidité que tu as, cet amour inconditionnel qui fera toute la différence !
Je sais que certains jours, tu auras envie de fuir ou de crier aussi fort que lui. Mais tu peux prendre une grande respiration, lui proposer un câlin, et faire redescendre la tension. C’est l’avantage d’être adulte !
En résumé
- Le Terrible Two n’est pas une crise d’éducation, c’est une étape de croissance émotionnelle.
- Les crises de nerfs ne sont pas des caprices : elles sont souvent liées à une surcharge.
- On n’a pas besoin d’être un parent parfait, juste présent et en lien.
- Avec empathie, attachement et cohérence, on peut apaiser bien des crises.

Foire aux questions : le Terrible Two en pratique
Mon enfant pique des colères dès qu’il faut s’habiller, comment réagir ?
C’est très fréquent à cet âge. Ce refus est souvent une manière pour votre bébé d’affirmer son tempérament. Il ne s’agit pas d’un caprice d’enfant, mais d’un besoin d’autonomie. Tu peux lui proposer de choisir entre deux tenues, ou transformer ce moment en jeu. Et si malgré tout il pleure ou crie, reste calme et dites-lui simplement : “Je vois que tu n’as pas envie. On va le faire ensemble.” L’important est de contenir la crise, pas de la brusquer.
Faut-il punir un enfant qui fait une grosse crise de colère ?
Punir un enfant en pleine crise de nerfs ne l’aide pas à réguler ses émotions. Cela risque de renforcer son agressivité ou de le plonger dans la peur. Au lieu de cela, essaye de calmer l’environnement, de parler calmement et de rester proche. Une approche bienveillante aide l’enfant à se sentir compris et soutenu, même quand il hurle ou semble incontrôlable. Il ne s’agit pas de céder aux caprices, mais de l’aider à traverser la tempête.
Est-ce que mon enfant est capricieux ? Il fait une crise pour un bonbon, pour un jouet, pour tout…
À deux ans, les enfants expriment leurs frustrations avec tout leur corps. Ce n’est pas de la manipulation, ni de la provocation, c’est un mode d’expression ! Certains enfants sensibles auront besoin d’un cadre encore plus sécurisant. Face aux « caprices », tu peux lui expliquer avec des mots simples ce que tu peux ou ne peux pas faire. Tu poses des limites tout en maintenant le lien affectif.
Que faire si mon enfant crie dès qu’on lui dit non ?
Le mot “non” déclenche souvent une réaction émotionnelle forte. C’est une période d’opposition typique, mais pas une fatalité. Tu peux reformuler, proposer une alternative :
“Tu ne peux pas grimper sur la table, mais tu peux grimper sur le coussin.”
Certains enfants crient, tapent ou font des caprices simplement parce qu’ils n’ont pas encore appris à gérer leur colère. Ton rôle, ce n’est pas d’éteindre leurs émotions, mais de les accompagner avec empathie.
Est-ce que le Terrible Two est plus difficile avec un enfant TDAH ?
Oui, pour certains enfants neuro-atypiques, comme ceux avec un TDAH, cette période peut être plus intense, car l’impulsivité et l’hyperémotivité sont plus marquées. L’éducation positive reste un excellent soutien, mais il peut être utile de consulter un psychologue ou un coach parental pour avoir des outils spécifiques et mieux comprendre ce qui se passe.
Que faire si je perds patience, que je crie, ou que je hurle dessus ?
Tu n’es pas seul. Tous les parents bienveillants ont déjà crié contre leur enfant un jour. Ce n’est pas la fin du monde, mais un signal d’alerte : tu es fatigué, à bout. Respire. Excuse-toi si besoin. Dis simplement :
“Je me suis fâché trop fort. Je vais essayer de parler plus calmement la prochaine fois.”
Et si tu sens que tu perds le contrôle régulièrement, cherche du soutien. Un coach familial, un groupe de parentalité positive, ou une aide bienveillante peuvent faire toute la différence.
Est-ce qu’on peut éviter ces crises ?
On ne peut pas les éviter totalement : elles sont physiologiques et font partie du développement de l’enfant. Mais on peut réduire leur intensité et leur fréquence :
- En respectant les rythmes (repas, sieste, coucher),
- En décodant les émotions plutôt que les décrier,
- En posant des limites claires sans entrer dans des jeux de pouvoir,
- Et surtout, en offrant une présence empathique, même quand ça déborde.
Un dernier mot…
Le Terrible Two, c’est difficile à canaliser, oui. Mais ce n’est pas une terrible crise à traverser seul.
Chaque crise est aussi une occasion de grandir, pour ton enfant comme pour toi.
Tu n’es pas un mauvais parent si ton enfant crie, fait une colère ou refuse d’obéir.
Tu es un parent en chemin, et ton enfant aussi.



