Quelle méthode pour apprendre à lire ?

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méthode pour apprendre à lire

Apprendre à lire est un des objectifs principaux de l’école. L’apprentissage de la lecture se fait généralement à partir de 6 ans, en classe de CP. Mais il est préparé dès la maternelle en apprenant les lettres, leur nom, leur son…

Il existe différentes méthodes pour apprendre à lire : méthode globale, semi-globale, syllabique,…  Et des manuels de lecture qui ont chacun leur progression propre ! 

Comment vous repérer dans toutes ces propositions ? Je vous explique ici les différences entre les trois principales méthodes pour apprendre à lire à votre enfant. Vous pourrez de cette façon mieux choisir les livres pour les premières lectures de votre enfant !

Apprendre à lire, qu’est-ce que ça veut dire ?

La lecture est une des étapes-clés de l’autonomie de votre enfant. Les enfants jeunes, les non-lecteurs, ont besoin de votre accompagnement pour tous les apprentissages. Les enfants lecteurs peuvent plus facilement apprendre d’eux-mêmes, en découvrant des données, réflexions et théories au travers de leurs lectures. 

Pour faciliter l’autonomie, facilitons la lecture !

L’apprentissage de la lecture a connu de nombreuses évolutions et réformes. L’idée première étant toujours d’aider les enfants à acquérir cette autonomie au plus vite. Je retiens ici quelques-unes des principales méthodes qui ont fait leurs preuves. De cette façon, vous pourrez faire un choix éclairé de la meilleure méthode pour votre enfant.

La méthode globale, celle de quand j’étais petite (et vous aussi, peut-être ?)

La méthode globale part du principe que lorsqu’une personne lit, elle reconnaît le mot dans sa globalité. Déchiffrer syllabe par syllabe est trop contraignant et loin de la réalité. Cette méthode propose aux enfants, même s’ils ne connaissent pas toutes les lettres ou les sons composés, de reconnaître des mots. Ils se réfèrent à l’agencement des lettres entre elles, à la longueur du mot… Un apprentissage visuel de la lecture, que l’on pourrait comparer à l’apprentissage des caractères chinois

Les enfants reconnaissent donc d’abord des mots simples : issus de leur vie courante, de leurs préoccupations, de leurs besoins pour raconter des histoires… Ensuite, l‘analyse syllabique peut être proposée.

Les dictées muettes : matériel qui peut être utilisé en méthode globale, comme en méthode syllabique !

C’est Ovide Decroly, pédagogue du début du XXe siècle, qui propose cette pédagogie en France. Une pédagogie qui permet à tous les enfants d’apprendre à lire, y compris aux enfants sourds ! L’apprentissage étant visuel avant d’être phonologique, cela évite les difficultés pour ces enfants.

« L’enfant acquerra la technique par la méthode globale toujours dérivée de notre grand principe d’observation: l’enfant voit globalement (tout comme nous voyons globalement ce qui se présente nouvellement à nous), il reconnaît les objets et les êtres sans en reconnaître les parties, il dessine globalement, il lit globalement, il écrit globalement, il entend globalement, il chante globalement. Il analysera plus tard, beaucoup plus tard, peu à peu, et, dans de nombreux domaines, il n’analysera jamais. » 

O.Decroly

Les avantages de la méthode globale : 

  • lecture précoce : Des enfants de maternelle peuvent rapidement savoir lire des mots comme “maison” ou “oiseau” sans avoir appris consciemment les sons “ai”, “on”, “oi” ou les graphies du son “o”. Ils ont plus rapidement accès aux mots, ce qui peut les motiver
  • lecture rapide : lorsque l’enfant visualise bien les mots, il sait les lire entièrement et rapidement. Il faut plus de temps avec la méthode syllabique.

Un inconvénient quand même :

  • autonomie limitée : l’enfant met du temps avant de savoir déchiffrer les mots inconnus. Il arrive aussi que les enfants disent un mot pour un autre : ils n’ont pas “vu” la différence entre deux mots qui commencent de la même façon.

La méthode syllabique, la plus traditionnelle

Apprendre à lire avec la méthode syllabique suit une progression d’une logique sans faille. Cette méthode propose une avancée pas à pas vers l’autonomie et la fluidité en lecture. Partant du son des lettres, l’enfant les associe ensuite pour apprendre à lire les syllabes, et petit à petit des mots.

Dés que les syllabes simples sont acquises, on aborde les sons composés à deux puis trois lettres (les “oin”, “eau”, “ill”… etc)

Cette méthode a fait ses preuves depuis des décennies. Le seul point qui lui a été reproché, c’est une certaine lenteur d’apprentissage. En effet, chaque étape dure un certain temps (variable d’un enfant à un autre), qui peut aller jusqu’à quelques mois. Et même si l’enfant sait déjà lire des mots avec des sons simples ou composés, la fluidité de lecture peut mettre encore plusieurs mois à se mettre en place. Le temps que des automatismes se forment, et que l’enfant « reconnaisse » spontanément certains mots sans avoir à chaque fois à les déchiffrer…

méthode Montessori pour apprendre  à lire.
Mon premier livre de lecture Montessori, chez Nathan.

Maria Montessori, contemporaine de Decroly, est convaincue par cette méthode qui donne aux enfants tous les outils pour l’autonomie.

Pour elle, apprendre à lire est finalement secondaire : l’enfant apprend les lettres et les syllabes, d’abord pour écrire. En manipulant les alphabets mobiles, puis en s’entraînant avec un crayon… Ce n’est que dans un second temps qu’il arrive à analyser les sons écrits devant lui, et que l’on peut alors parler de lecture.

“L’écriture, quoique cela contredise le préjugé, précède le lecture. Je n’appelle pas “lecture” la preuve que fait l’enfant en vérifiant les mots qu’il a écrits, c’est-à-dire en traduisant les signes en sons, comme il avait d’abord traduit les sons en signes, parce que l’enfant connaît déjà le mot qu’il s’est répété en écrivant. J’appelle “lecture” l’interprétation d’une idée apportée par les signes graphiques. L’enfant qui n’a pas entendu dicté le mot, mais qui le reconnaît en le voyant composé et qui sait la signification, celui-là lit.”

Maria Montessori.

+++ Pour en savoir plus sur deux grandes méthodes syllabiques : méthode Boscher et Montessori, consultez mon article en cliquant ici.

Les avantages de la méthode syllabique : 

  • apprentissage précoce de la lecture : les enfants qui s’y intéressent peuvent apprendre les sons des lettres dès 3 ans, à écrire et comprendre les sons composés à 4 ans, et savoir lire à 5 ans.
  • travail de déchiffrage, d’analyse des sons : la méthode syllabique permet une vraie autonomie de l’enfant, qui a d’emblée tous les outils pour déchiffrer n’importe quel texte, y compris avec des mots inconnus ou “difficiles”.

Un inconvénient : 

  • rapidité de lecture un peu longue à se mettre en place : si les enfants apprennent à lire vers 4 ans, la lecture fluide se fera vers 5 ou 6 ans. Mais s’ils commencent l’apprentissage de la lecture vers 6 ou 7 ans, la mise en place des automatismes sera un peu plus longue. La lecture fluide n’arrivera peut-être que vers 9 ans.

La méthode semi-globale ou mixte, celle des écoles d’aujourd’hui

Apprendre à lire comme avec la méthode syllabique, mais en ajoutant la rapidité de lecture de la méthode globale, voilà le challenge en jeu dans la méthode semi-globale !

Les enfants commencent l’apprentissage de la lecture comme pour la méthode syllabique : son des lettres, et association de lettres pour former des syllabes, puis des mots. Jusque là, rien de très novateur.

Mais très rapidement, avant que les enfants n’aient déjà abordé les sons composés, on leur demande d’apprendre à reconnaître certains mots, appelés « mots-outils ». Il s’agit pour la plupart de conjonctions ou d’adverbes, dont la lecture « par reconnaissance » permet d’acquérir la rapidité de lecture manquante dans la méthode syllabique pure.

Ainsi, dès les premières semaines du CP les enfants ont des listes de mots à apprendre, aussi bien pour en faciliter la lecture que pour retenir leur orthographe.

Un mix qui lui aussi a des avantages et des inconvénients !

Les avantages de la méthode semi-globale : 

  • concilie analyse et rapidité de lecture : le meilleur de chaque méthode !

Les inconvénients de cette méthode pour apprendre à lire : 

  • des listes de « mots outils » à apprendre par coeur, ce qui peut être rebutant pour certains enfants
  • un mélange entre global et analyse syllabique qui doit être bien maîtrisé pour que les enfants s’y retrouvent.
apprendre à lire avec la méthode mixte
Attention à ne pas se perdre dans le mélange entre les deux méthodes !

Comment choisir une méthode pour apprendre à lire à votre enfant ?

Maintenant que vous avez un aperçu des trois grandes méthodes de lecture, vous pouvez choisir celle qui correspond à ce que vous souhaitez transmettre à votre enfant.

Posez-vous ces questions :

  • Comment j’ai appris à lire ?
  • Est-ce que cela m’a paru simple / logique / agréable ?
  • Est-ce que j’aurais aimé une autre méthode ?
  • Quelle méthode me paraît plus logique ?

En trouvant la méthode qui VOUS plaît, et qui vous paraît logique pour apprendre à lire, alors vous aurez celle qui convient à votre enfant. Car vous lui transmettrez vos savoirs, vous découvrirez ensemble, et vous vous ferez plaisir dans cet apprentissage.

Or pour apprendre à lire à son enfant, il faut avant tout lui transmettre le goût de l’apprentissage, et le goût pour la lecture !

Selon que vous préférez la méthode globale, la méthode syllabique ou la méthode mixte, vous pourrez vous tourner vers des manuels ou livres de premières lectures employant la pédagogie recherchée.

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