Faire des réussites : l’art de développer sa patience

Faire des réussites : l’art de développer sa patience

Avec un simple jeu de cartes, on peut en faire des choses ! Tes enfants peuvent jouer tout seuls pendant de longs moments, si tu leur apprends à faire des réussites. Allez, souviens-toi, ces jeux que t’avait appris ta grand-mère… Ou même le solitaire, jeu pilier des ordinateurs quand tu étais petite !

Faire des réussites, à quoi ça sert ?

Non, non, faire des réussites n’est pas une pure perte de temps ! Cela permet à nos enfants de développer de nombreuses compétences, qui lui seront bien utiles par la suite. On peut apprendre beaucoup par le jeu !

Pour donner un exemple, pour les plus jeunes, l’installation des cartes dans un ordre donné, en lignes ou en colonnes de taille décroissante sont un très bel exercice pour développer ses repères spatiaux. Tout à fait dans la continuité des ateliers Montessori de vie pratique !

Il faut aussi réussir à tenir le paquet de cartes dans une main, et n’en prendre qu’une à la fois, ou bien n’en retourner qu’une parmi toutes les cartes installées en grille… Tu penses bien que cela développe la motricité fine de nos enfants et la coordination des mouvements.

Enfin, apprendre des réussites de plusieurs types permet d’aborder un même thème sous plusieurs angles différents. Dans une réussite, on ne fera attention qu’à la valeur des cartes, dans une autre, qu’aux couleurs. Et dans une troisième, valeur et couleurs auront leur importance… Du coup, en faisant des réussites l’enfant est attentif, concentré, vérifie pour chaque carte retournée toutes les possibilités pour la poser à la meilleure place. Ton enfant développe ainsi son sens de l’observation et son esprit d’analyse, et entraîne sa concentration qui sera plus longue et plus efficace au fur et à mesure de la pratique.

Bien sûr, faire des réussites permet aussi d’apprendre la patience, et aussi à perdre sans qu’on puisse accuser qui que ce soit, si ce n’est le hasard. Et puis… parfois, on est tellement frustrés de ne pas y arriver qu’on cherche à tricher. Or tricher est faire preuve de stratégie ! Ici, d’ailleurs, l’enfant s’apercevra bien vite qu’il n’y a pas vraiment de stratégie, car beaucoup de données dépendent du hasard. Du coup, il peut même être amené à observer son nombre de réussites et de défaites, et aborder empiriquement l’univers des statistiques !

Voici 3 réussites simples que tu pourras apprendre à tes enfants, à partir de 6 ans. De quoi les occuper un bon moment !

3 réussites simples à apprendre à ton enfant

La poussette : attention et vérification continues

C’est la réussite qui demande le moins de mise en place pour commencer. Elle se joue avec un jeu de 32 cartes ou de 52, si on aime les défis.

On commence par installer trois cartes sur une ligne, de gauche à droite (sens de l’écriture). On observe la carte du milieu : est-elle encadrée par deux cartes de la même couleur ? Ou de la même valeur ? Si oui, alors je mets la carte du milieu sur la carte de gauche, et je pousse la carte de droite vers la gauche pour boucher le trou. Si non, je continue en posant un quatrième carte à droite, en continuant la ligne.

Je vérifie à chaque fois que j’ai posé une nouvelle carte, ou que j’en ai rapproché, si aucune carte n’est encadrée par deux cartes de même valeur ou de même couleur. Si c’est le cas, je mets la carte (ou le petit paquet de carte au cours du jeu) sur la carte qui est à sa gauche, je les rapproche, je vérifie et ainsi de suite.

L’objectif est d’avoir le moins de paquets de cartes possible. Certaines fois, on peut en avoir 4 ou 5 (le minimum est 2, mais c’est rare !). Par contre, il arrive qu’on en ait 10 ou 15, ce qui peut prendre de la place !

Faire des réussites avec ses enfants pour les accompagner dans les apprentissages tout en s'amusant !

La grille : la réussite du tableau à double entrées

Pour faire la réussite de la grille, il faut utiliser un jeu de 32 cartes. Pour rappel, les jeux de 32 cartes commencent au 7 pour aller jusqu’à l’as.

Il faut installer les cartes face non-visible en 4 lignes de 7 cartes. Mieux vaut les séparer un peu, pour pouvoir les retourner ensuite sans les déplacer trop. J’obtiens donc une grille de 4 lignes et 7 colonnes, et j’ai 4 cartes qui me restent en main. Il ne faut pas les regarder !

Je retourne la première carte de ma main. En fonction de sa couleur et de sa valeur, je vais la mettre à sa place dans la grille. Chaque ligne correspond à une couleur (Coeur – Carreau – Trèfle – Pique) et chaque colonne à une valeur, dans l’ordre croissant. La première carte en haut à gauche sera donc pour le 7 de coeur, par exemple.

Mettons que la première carte de ma main soit la dame de pique : je repère la place qu’elle devrait avoir (dernière ligne, 6eme colonne). Je la pose à sa place face visible, et retire la carte qui y était posée. Cette nouvelle place est un 8 de coeur ? Je la pose à sa place (1ère ligne, 2e colonne), et récupère la carte qui était à sa place. Et ainsi de suite…

Si je retourne un as, je n’ai pas de place pour le mettre sur la grille. Je le pose à côté, et continue en prenant un nouvelle carte de ma main.

L’objectif est de replacer toutes les cartes sur la grille, avant de trouver les 4 as !

Mes enfants ont appris à faire cette réussite vers 7 ans, et ils sont allés au bout plusieurs fois : c’est celle qui leur plaît le plus !

Occupe tes enfants avec un simple jeu de cartes : apprends leur à faire des réussites ! Cela développe aussi beaucoup de compétences.

Le solitaire : la réussite la plus connue !

Le jeu du solitaire, appelé aussi la Patience, est un peu plus complexe à expliquer. Pourtant, c’est la réussite la plus connue : nous y avons tous joué sur les ordinateurs d’il y a 20 ans, non ?

On installe les cartes face cachée en 7 colonnes, de nombre de cartes décroissant. La première colonne aura 7 cartes, la seconde 6, etc… La dernière carte de chaque colonne est face visible.

L’objectif est de constituer 4 piles avec les cartes triées par couleur et par valeur croissante (as, 2, 3 et ainsi de suite jusqu’au roi)

Si on a un as visible, il faut donc le poser à côté des colonnes pour constituer la première pile. A chaque fois que l’on déplace une carte, on peut retourner la carte face cachée ainsi libérée.

Si aucune carte ne peut remplir une pile, alors on peut déplacer les cartes visibles en les alternant rouge / noir, et avec des valeurs décroissantes. Par exemple, j’ai un 10 rouge : je peux le poser au-dessous du valet noir. Et dessous, je peux mettre un 9 noir si j’en ai un. De cette façon, je peux retourner les cartes libérées, en espérant trouver un as ou une autre carte qui pourra compléter les piles.

Si aucune carte ne trouve de place, alors je retourne la première carte de la pioche et j’essaie de la placer. Cela peut débloquer le jeu, et si ce n’est pas le cas je défausse cette carte et retourne la carte suivante, et ainsi de suite.

Malgré la difficulté d’explication, cette réussite est accessible aux enfants à partir de 7/8 ans. Elle demande une bonne organisation dans l’espace, et d’accomplir des vérifications successives : d’abord chercher ce qui va sur la pile, puis voir ce qui peut être déplacé, retourner les cartes, vérifier à nouveau…. Elle est très complète !

Le jeu du solitaire est une réussite qui se joue avec un simple jeu de cartes. Apprends-la à tes enfants pour apprendre en s'amusant !

Et toi, connais-tu d’autres réussites à faire avec tes enfants ?

Tu as bien compris que les réussites sont idéales pour travailler la patience et la concentration… mais pas seulement. Et toi, en connais-tu d’autres ? Tu peux les transmettre dans les commentaires, tout le monde en profitera 😉

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