L’instruction en famille quand les parents travaillent

Je profite du commentaire à mon article « osez déscolariser vos enfants » pour élaborer une réponse un peu plus fournie à la question : «Comment se lancer dans l’instruction en famille quand les parents travaillent ? »

Effectivement, si tout le monde pouvait s’arrêter de travailler quand bon lui semble, sans souci financier, ce serait fantastique ! Mais on n’en est pas là…

La question de l’organisation entre le travail et la vie familiale arrive quoi qu’il advienne à la naissance des enfants. Au début, on est dans une bulle, le temps du congé maternité, parfois prolongé en congé parental d’éducation (tiens, l’éducation peut se faire en famille jusqu’à trois ans !!). Et puis, il faut reprendre le travail. On a alors différents choix qui s’offrent à nous : faire garder le bébé chez une assistante maternelle ou le mettre dans une crèche sont les plus courants. L’enfant y reste le temps de notre journée de travail, soit environ 8 à 9 h par jour. C’est la séparation, pas forcément au moment le plus approprié… Mais on a aussi d’autres solutions possibles : devenir soi-même assistante maternelle, créer une crèche parentale, travailler en horaires décalés pour être plus présent avec son enfant, travailler à mi-temps pour moins le faire garder… On commence déjà à faire des concessions entre notre travail et plus de présence auprès de notre enfant.

child-1073638_1280C’est pareil avec l’école. Il est communément admis que l’enfant entre à l’école l’année de ses trois ans, parfois même plus tôt… On peut faire autrement. Trouver là encore des concessions. L’instruction en famille est compatible avec un travail à mi-temps, on peut travailler à domicile le soir ou pendant la sieste, le faire garder les mercredis et les samedis en centre de loisirs, faire venir une baby sitter pour une ou plusieurs demi-journées que l’on consacre à notre travail… On travaillera forcément moins, mais on gagnera en moments de partage, en liberté, en découverte du monde : on peut profiter du parc, des jeux, des musées aux moments où les autres enfants sont à l’école, donc tranquillement et à notre rythme… On dépensera moins aussi : pas de cantine, moins de fournitures scolaires, des vêtements moins usés et moins à la mode, pas besoin du jeu vidéo dernier cri dont tous les copains parlent à la récré…

Les parents choisissant l’IEF sont rarement isolés : des groupes se forment sur internet et des rencontres s’organisent : sorties, visites, rencontres chez les uns ou les autres… Il peut être envisagé des confier l’enfant à certaines personnes de ce réseau, une demi-journée ou une journée de temps à autre. Une entraide s’organise facilement entre personnes ayant fait des choix différents.

Il arrive aussi un moment où les enfants deviennent autonomes, et peuvent seuls aller voir des copains, aller à la bibliothèque, nous laisser travailler deux heures… Nous voir travailler à la maison suscite aussi des questions, une autre approche du travail, comprendre ce qu’est un métier, qui fait quoi dans notre société, et ce sont des discussions souvent intéressantes.

Le choix de l’IEF n’est pas un choix marginal, d’opposition à la société actuelle et qui refuse tout en bloc. C’est un choix réfléchi, qui part du bien-être de notre enfant dans une école donnée, et en examinant toutes les solutions alternatives. Ce choix demande un investissement en temps d’au moins un des parents, une réflexion autour du budget familial et surtout un questionnement personnel : suis-je prêt à tenter cette aventure ? Suis-je prêt à travailler moins ?  Suis-je prêt à accompagner mon enfant sans jouer les professeurs, sans nous mettre la pression, à apprendre avec lui ?

Commencez par vous poser ces questions. Une fois que vous avez des réponses, la suite viendra facilement !

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