La phobie scolaire, ça existe ?

En me promenant au rayon Manga de ma bibliothèque, je suis tombée sur ce livre sur un présentoir :

51v8eehsnl-_sx352_bo1204203200_Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka

Son titre m’a attirée : enfin un manga qui parle de l’instruction en famille ! Mais l’image aussi : pourquoi un livre qui traite de l’instruction en famille présenterait un garçon avec l’air aussi triste ?

Alors, je me suis plongée dedans. Et ce que j’y ai lu n’avait rien à voir avec les livres sur l’instruction en famille que j’ai pu lire jusqu’ici ! L’histoire est celle d’un petit garçon… mais le plus parlant est peut-être que je vous copie la quatrième de couverture :

« Le jeune Masatomo aurait pu avoir une vie normale : jusqu’à son entrée à l’école primaire, il était en effet un petit garçon plutôt jovial.Mais hélas, en première année, sa trop colérique enseignante lui donne une gifle particulièrement violente et pas du tout justifiée. Dès lors, la spirale infernale commence pour Masatomo, qui n’ose plus retourner à l’école. Tous les ans, malgré les efforts de ses parents, mais aussi de nombreux professeurs et pédagogues, il n’arrivera jamais à suivre une scolarité ordinaire. Il préférera passer ses journées chez lui, à copier des dessins de Dragon Ball… Et si, au fil de ces pages, une vocation salvatrice était en train de naître ? »

Mon avis sur le livre :

Ce manga décrit parfaitement l’état d’esprit de l’enfant qui vit la phobie scolaire. Il n’est physiquement pas capable d’aller à l’école, dépense une énergie folle pour y rester quelques heures, fait des cauchemars… On voit aussi les différentes aides thérapeutiques, plus ou moins efficaces, les professeurs particuliers, eux aussi avec des pédagogies différentes, et la détresse des parents qui font tout leur possible pour faire « au mieux ». Cela fait réfléchir sur l’impact des adultes et de l’école sur l’épanouissement des enfants, sur notre place dans leur accompagnement… Sur la « socialisation » proposée par les différents modèles scolaires, et celles proposée par la vie sans école.

Un livre facile à lire (un manga, quoi !) et captivant, que je recommande à tous les parents-chercheurs-éducateurs-pédagogues !

Tous ces jours où je n’arrivais pas à aller à l’école me sont aujourd’hui très précieux.

Du coup je m’intéresse à la phobie scolaire : Si vous ou vos enfants l’avez connue, vécue, vos témoignages m’intéressent. J’aimerais savoir à la fois vos ressentis, et les solutions mises en place, celles qui ont été les plus efficaces, celles qui n’ont pas du tout marché… Merci de vos retours !

inscrivez-vous pour recevoir 9 idées de jeux pour aider votre enfant à apprendre

 
Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

9 commentaires sur « La phobie scolaire, ça existe ? »

  • La phobie scolaire de mon fils n’avait pas pour seule cause une maîtresse, mais un harcèlement scolaire que l’école ne voulait pas voir ! Cela se traduisait par des vomissements, de la fièvre, une fatigue chronique… Il a fait tout son primaire en allant à l’école une semaine par mois. Très bon élève cela ne l’a pas conduit au redoublement. Aujourd’hui en 4e, il commence sa scolarisation en famille après des années de scolarisation plus ou moins sporadique.
    Mais cette phobie a failli lui coûter la vie ! En CM2 pour la énième fois il avait mal au ventre, un peu de fièvre, une énorme fatigue l’empêchant de se lever. Son papa travaillait, et moi j’avais un stage à 150 km de la maison. Il est resté seul une journée entière, puis est resté chez une grand mère le lendemain. Inquiète, je voulais rentrer plus tôt et le formateur a écourté le stage pour me le permettre. Je n’ai même pas eu le temps de passer chez moi prendre des affaires. Nous avons finit la journée à l’hôpital. Cette fois il avait une appendicite, et notre habitude des maux de ventre est à l’origine de sa mutation en péritonite. Il lui restait moins d’une heure avant l’issue fatale. Un épisode encore très douloureux aujourd’hui, chargé de culpabilité, mais qui me semble-t-il illustre le pire de ce que l’on peut craindre dans une famille quand l’école et/ou la scolarisation dysfonctionnent.

    • Merci pour ce témoignage très parlant !
      Pouvez-vous m’en dire plus sur ce « harcèlement scolaire » ? Comment le décririez-vous ?

  • Merci pour cet article, mon fils de 13 ans est en phobie scolaire depuis l’âge de 8 ans…il ne pouvait même plus ouvrir un livre ou tenir un crayon quand j’ai commencé l’ief…j’ai vu un grand nombre de psy, essayé tout un tas de « pédagogie » pour les apprentissages et j’ai finalement décidé de lui faire confiance et de lui laisser le temps de se remettre.
    cette année il a demandé à prendre les cours du cned pour voir son niveau, à suivre donc …

    • Vous l’accompagnez donc en IEF ? Bravo pour avoir fait ce choix pas toujours compris des thérapeutes ! Savez-vous ce qui a été la cause de sa phobie scolaire ? Un enseignant, l’ambiance avec les autres enfants…? Ce livre montre justement un enfant en phobie scolaire à l’âge de 6 ans, et son avancée jusqu’à l’adolescence où il s’est enfin adonné à sa passion.

      • Pour mon fils c’est une hypersensibilité face à une maîtresse qui passait son temps à hurler. L’école a toujours été difficile pour lui, trop de bruits, trop de contraintes non comprises mais il avait des amis et s’en sortait tant qu’il avait des instits à l’écoute jusqu’à cette instit. Il ne mangeait plus, ne dormait plus, pleurait le soir, le matin, jusqu’à finir en crise de nerfs devant le portail lui qui était introverti je ne l’avais jamais vu comme ça.
        Le jour d’après j’avais le certificat de radiation qui m’attendait quand j’ai emmené ses sœurs à l’école. la directrice (qui était la fameuse maîtresse) m’a juste dit qu’il ne pouvait rien faire pour lui. Je me suis donc retrouvée maman solo de 4 enfants avec mon p’tit gars de 8 ans à la maison sans personne pour m’aider et devant me prendre les avis et conseils de tout le monde et du jugement bien sûr, j’ai perdue des amis, et même dans ma famille proche cela a été très dur. Mais j’ai tenu bon pour mon garçon, il a sombré dans une phobie sociale, s’enfermant sur les jeux en réseaux, j’ai eu très peur pour lui, j’ai lu, cherché des pistes pour l’aider et je l’ai défendu bec et ongles. Aujourd’hui il va beaucoup mieux, et je me rend compte qu’il a appris énormément pendant ces dernières années alors qu’il n’a rien fait de « formel ». Je lui fais confiance pour trouver sa voix avec ou sans école.

  • J’ai trouvé ce manga très intéressant, car il met aussi en évidence qu’il y a une grande part de « pas de chance ». Je pense à la première prof de l’auteur, puis au décès de la seconde.
    Par contre juste pour chipoter, manga n’est pas toujours synonyme de lecture facile. Il y a des mangas au texte très riche demandant plus qu’un rapide coup d’oeil. Mais celui-ci est effectivement accessible aux plus grands nombres.

    • Merci, c’est bien aussi de « chipoter » quelquefois ! Je ne suis pas encore hyper cultivée en manga, et pour l’instant ceux que j’ai lu ne présentaient pas de difficultés de lecture. Parfois certains un peu plus longs que d’autres !

  • ici ma fille en phobie sco
    elle est petite mais c’est fait
    quand elle a eu 2 ans, elle a voulu aller à l’école tout comme son grand frère, c’est donc tout naturellement qu’à la rentrée de septembre qu’il y fait ses premiers pas, elle avait donc 2 ans 1/2

    bref 1er jour ça va plutôt bien, le 2eme moins et les jours suivant de pire en pire.
    Elle qui était méga sociable, ne l’était plus à l’école, pleurait tout les matins, restait seul dans la classe et à la recré, ne jouait plus.
    dès que j allais la chercher à 11h30 c’était dans mes bras tout le reste de la journée

    la maîtresse voulait la faire aller à l’école l’après midi et moi je ne savais plus quoi faire,voir ma puce dans cette état devenait insupportable. j’ai mis 3 mois avant de lui faire arrêter l’école. je ne connaissais pas l ief et pensais que l’école une fois qu on y était qu’il était impossible de stopper. belle erreur
    c’est donc au vacances de noel que l’école était fini pour elle et comme elle était très demandeuse, nous avons commencé l’instruction à la maison avec un petit programme de son age.

    il aura fallut plusieurs mois pour qu’elle retourne chercher son frère à l’école car c’était devenu une hantise pour elle, rien que de passer devant l »école.

    donc, je ne sais pas ce qu’il c’était passé avec cette maîtresse. une fois elle nous a raconter qu’elle l’avait taper. mais bon, on ne sera jamais la vérité.

    et donc aujourd’hui, encore ma fille est avec moi et elle a bientôt 5 ans. on profite, elle rigole chaque jour. ne veut toujours pas aller à l’école et mon petit dernier ne mettra pas un pied non plus ^-^

    mon grand malheureusement y est, nous avons tester l’ief avec lui mais c’est difficile. c’est un âge un peu compliqué en ce moment mais peut être un jour.

    en tout cas c’est vrai que la phobie sco existe et à gérer ce n est pas facile surtout quand on est si peu informé

  • Merci pour ce témoignage. C’est troublant de voir comme des tout-petits peuvent se trouver en quelques jours dans une situation de réelle phobie… Je ne pensais pas en écrivant cet article avoir autant de retours de phobie scolaire chez de jeunes enfants !
    Félicitations en tous cas si vous avez trouvé une solution pour lui éviter cette souffrance !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*