Êtes-vous potier ou jardinier ?

Lorsqu’on parle de parentalité, de la relation des parents avec leurs enfants, de leur autorité ou de leur laisser-faire, des limites qu’ils posent, de la façon dont ils accompagnent leur enfant, on utilise parfois la métaphore du potier et du jardinier.

Il y a d’une part les « potiers ».

Ils ont un but, un objectif : réaliser un pot, un vase, un chef d’œuvre peut-être. Cette réalisation, ils l’ont en tête, ils l’ont probablement dessinée, ils la visualisent assez clairement. Ils savent ce qu’ils veulent, et c’est à partir d’un pain de terre brute qu’ils vont commencer à modeler, édifier, donner une forme, lisser… pour qu’à la fin, on ne voie plus simplement la terre mais bien cette superbe réalisation, souvent émaillée, peinte et signée.

Ces « parents potiers » cherchent également à ce que leur enfant reçoive une éducation qui lui permettra de devenir conforme à ce à quoi ils aspirent. Ils vont faire en sorte que cet enfant « brut », tout petit, acquière rapidement des règles et des codes permettant de « rentrer dans le moule » de leurs attentes. Ils aspirent au meilleur pour leurs enfants, et leur offrent les moyens d’y parvenir.

De l’autre côté, nous avons les jardiniers.

Même s’ils ont une vision globale de l’esthétique du jardin qu’ils veulent obtenir, ils ne peuvent dessiner chaque plante « comme elle devra être ». Ils se contentent de semer les graines, ou planter un arbre. Leur travail ne s’arrête pas là : pour aider la plante à grandir au mieux, ils la nourrissent en préparant la terre avec soin, en l’enrichissant avec du compost, du fumier, en l’arrosant également. Ils veillent aussi à son environnement, qu’elle ait assez de soleil mais pas trop, assez d’eau, des abeilles dans les parages, pas de gel l’hiver… et au bout du compte, ils apprécient la richesse de leur jardin et la diversité des plantes, leurs formes, leurs couleurs. Si certaines ont du mal à trouver leur chemin, il peut les aider en leur mettant un tuteur, ou bien protéger leurs fruits en éloignant les oiseaux nuisibles.

A la différence du potier, il n’y a pas vraiment de fin au jardinage. Bien sûr la plante va grandir, pousser, mais ce n’est jamais réellement fini. On ne peut pas poser sa signature sur un jardin ou sur une plante…

Le « parent jardinier »va lui aussi semer des graines, et veiller à l’environnement de son enfant : est-il assez sécurisé physiquement et affectivement ? Est-il assez stimulant sans l’être trop, assez riche, diversifié, nourrissant ? Et en observant son enfant, il pourra trouver ces réponses. En fonction des besoins de son enfant, il pourra lui donner des limites strictes ou modulables, l’aider à se redresser, à aller vers les autres ou au contraire à ne pas se laisser influencer…

Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces deux portraits ? On peut aussi être un peu des deux, potier sur certains points et jardinier sur d’autres.

Pourquoi je vous parle de tout cela ? Simplement car cette métaphore me semble très pertinente en ce qui concerne la parentalité, mais également en ce qui concerne l’éducation et les apprentissages.

École potière ou jardinière ?

L' »éducation-potière » (relativement classique pour ce qui est du système français) va chercher à faire entrer les enfants dans des moules, de façon à correspondre au mieux au grand projet qu’est le socle commun des compétences. Ce projet est loin d’être un chef-d’oeuvre : on ne cherche pas à ce que chaque enfant arrive au meilleur niveau, simplement à ce qu’une majorité atteigne une note moyenne… Les enfants suivent donc les mêmes cours, apprennent les mêmes choses au même âge, et rentrent dans le moule de ce qui est prévu pour eux, apprennent à répondre aux questions de la bonne façon pour avoir des bonnes notes.

Lorsque des enfants n’arrivent pas à entrer dans le moule, ou à y rester, l' »éducation potière » va essayer de les raccrocher, de les recoller, avec des séances d’orthophoniste ou une avs, pour qu’ils puissent continuer à suivre la marche. S’ils ne parviennent pas à trouver leur place au sein de ce grand projet, alors ils sont laissés de côté, sans réelle proposition pour leur avenir.

L' »éducation jardinière » correspond plutôt aux pédagogies alternatives de type Montessori, Freinet, écoles démocratiques, écoles dynamiques… Ici, les enfants sont pris tels qu’ils sont, belles plantes, arbustes ou herbes folles. Leurs différences de façon de penser, d’apprendre, d’agir vont apporter toute la richesse de ces écoles. Chaque enfant va trouver sa place, et les enseignants veillent à ce que leur environnement soit le plus épanouissant possible, en adaptant les règles et les objectifs de chacun.

On peut être parent potier et préférer une éducation jardinière, ou encore parent-jardinier choisir une pédagogie « potière »… et rien ne nous empêche de changer ! Aviez-vous déjà pensé l’éducation de vos enfants sous cet angle là ?

J’attends vos commentaires avec impatience !

 

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